
Avec l’appui de la Konrad Adenauer Stiftung, l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP) a organisé le jeudi 6 août 2026 au Chant d’Oiseau à Cotonou, un débat contradictoire sur le thème « État de droit et alternance politique en Afrique : Un vrai enjeu de stabilité et de développement ». Lors de cette rencontre solennelle qui a réuni plusieurs personnalités de haut rang, le professeur Victor Topanou a livré une comparaison sans concession entre les modèles démocratiques anglophone et francophone.
Devant un panel prestigieux composé de l’Honorable Kamel Ouassagari, socio-anthropologue et spécialiste en Genre et Gestion de projet, député de la 9e législature; l’Honorable Lazare Sèhouéto, Docteur en sociologie, ancien ministre, député de la 9e législature, et Eric Maouignon, économiste, spécialiste en gouvernance démocratique, ancien président de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics, il a exprimé son désarroi face aux débats récurrents sur la durée des mandats et les révisions constitutionnelles dans l’espace francophone, appelant à une avancée résolue vers une démocratie stable et crédible.
Le constat amer de Victor Topanou
Le professeur Victor Topanou n’a pas mâché ses mots. Selon lui, dans les pays anglophones, la démocratie est un acquis indiscutable : les insuffisances sont corrigées sans remettre en cause le modèle. Les mandats présidentiels y sont fixés à quatre ans, et chaque candidat se projette dans ce laps de temps pour impacter durablement sa société.
À l’inverse, dans l’espace francophone, les débats interminables sur la durée des mandats et les révisions constitutionnelles fragilisent l’alternance. « Nous avons commencé par 5 ans, puis 7 ans, bientôt 9 ans… », a-t-il ironisé, dénonçant une fuite en avant qui mine la crédibilité démocratique.
L’éternel débat francophone
Topanou a pointé du doigt une spécificité francophone : la tentation de réinitialiser les compteurs présidentiels à chaque révision constitutionnelle. Une pratique qui, selon lui, entretient l’instabilité et nourrit la méfiance des populations. « Il n’y a que nous, les francophones, qui débattons de savoir si une révision débouche sur une nouvelle République », a-t-il regretté, exprimant son désespoir quasiment en fin de carrière .
Un appel à avancer
Au-delà du constat, le professeur Topanou a lancé un appel vibrant : « Il faut qu’on avance, il faut qu’on avance. » Pour lui, l’Afrique francophone doit sortir des querelles institutionnelles et s’inspirer de la rigueur des modèles anglophones afin de consolider l’État de droit et garantir une alternance politique crédible, gage de stabilité et de développement.



